Loi sur le 7 octobre : le bureau du Premier ministre dément toute suppression du mot "massacre"
La commission de l’Éducation de la Knesset a été le théâtre, mercredi, d’échanges particulièrement tendus lors de l’examen d’un projet de loi visant à encadrer la commémoration des attaques du 7 octobre. Au cœur de la controverse : la demande d’un représentant du bureau du Premier ministre de retirer le mot « massacre » du titre officiel du texte.
Selon Yoel Elbaz, représentant du cabinet, l’intitulé devrait évoquer les « événements » ou les « faits » du 7 octobre, arguant qu’il ne s’agissait pas « uniquement d’un massacre, mais d’un ensemble d’événements ». Il a précisé que le terme « massacre » figure dans le corps du texte, mais ne devrait pas apparaître dans son titre.
Ces propos ont suscité l’indignation de plusieurs familles endeuillées présentes à la séance. Hila Avir, sœur d’un jeune homme assassiné lors du festival Nova, a dénoncé une tentative de « dissimulation » et accusé le gouvernement de chercher à réécrire l’histoire. « Il y a eu un massacre. Nous en avons payé le prix le plus lourd », a-t-elle lancé.
Le président par intérim de la commission, le député Yossef Taieb, a assuré qu’« il n’y aurait pas d’occultation », tout en indiquant que la question du titre serait rediscutée avant le vote final. Il a également souligné l’importance de transmettre aux générations futures « l’ampleur du drame ».
Le projet de loi prévoit l’instauration d’une journée nationale de commémoration, fixée au 24 Tichri soit le lundi 5 octobre 2026, l’organisation d’activités éducatives dans les écoles ainsi que la création, dans le Néguev occidental, d’une autorité dédiée à la mémoire, comprenant un musée et un centre d’archives à établir dans un délai de quatre ans.
Plusieurs figures politiques de l’opposition ont dénoncé une manœuvre visant à éluder les responsabilités liées aux événements du 7 octobre. Face à la polémique, le bureau du Premier ministre a fermement démenti. Dans un communiqué, il assure que le mot « massacre » figure explicitement dans le texte du projet de loi. Celui-ci vise à commémorer « dans toute leur gravité et leur ampleur » les événements du 7 octobre : le massacre, les combats, l’histoire des otages, des victimes, des rescapés, ainsi que les actes d’héroïsme et de solidarité des citoyens et des forces de sécurité.
Le gouvernement défend une initiative « d’envergure nationale » destinée à créer une autorité officielle de commémoration, chargée d’ancrer la mémoire du 7-Octobre dans un cadre étatique « réglementé, responsable et respectueux », au bénéfice des générations futures.



