Nord d’Israël : la promesse sans fin d’une ligne ferroviaire vers Kiryat Shmona
Une nouvelle fois, le gouvernement israélien a promis d’investir dans le développement du nord du pays. Lors d’une récente réunion gouvernementale présentée comme "historique", le Premier ministre Benjamin Netanyahou et plusieurs ministres ont réaffirmé leur engagement en faveur de Kiryat Shmona. Mais sur le terrain, une question continue de revenir avec insistance parmi les habitants : où est la ligne de train promise depuis des années ?
Le constat est implacable. Le nord d’Israël, et en particulier la Galilée, dispose de nombreux atouts : un environnement naturel exceptionnel, un fort potentiel touristique, un air plus sain que dans le centre du pays, et même le mont Hermon à proximité. Pourtant, un élément clé fait toujours défaut : une liaison ferroviaire efficace reliant la région au centre d’Israël.
Pour les experts, ces échecs répétés s’expliquent par plusieurs facteurs. La forte instabilité politique empêche le suivi de projets d’infrastructures sur le long terme, tandis que les priorités budgétaires évoluent constamment. En pratique, une grande partie des fonds initialement prévus pour les transports est régulièrement réaffectée aux dépenses de sécurité, au détriment des régions périphériques.
Cette absence de vision stratégique a un coût économique élevé. Selon des analystes, le nord d’Israël représente un potentiel touristique et économique comparable à celui de régions européennes réputées, mais reste largement sous-exploité. Sans accès ferroviaire rapide depuis Tel Aviv, Herzliya ou Haïfa, ni les touristes ni les habitants ne peuvent réellement profiter de cette richesse.
Pour de nombreux observateurs, relier Kiryat Shmona par le rail ne relève pas du confort, mais d’un choix stratégique national. Tant que cette promesse restera lettre morte, le fossé entre le centre et le nord du pays continuera de se creuser.



