Des étudiants haredim détournent les symboles des familles d’otages
Une appropriation jugée choquante par une partie de l’opinion.
Des milliers d’étudiants issus du courant haredi se sont rassemblés ce lundi devant la prison militaire de Beit Lid pour dénoncer l’arrestation de jeunes refusant le service militaire obligatoire. Arborant des chapeaux jaunes et brandissant des ballons de la même couleur, les manifestants ont repris à leur compte les symboles et slogans des familles d’otages israéliens, provoquant une vive controverse.
Les protestataires, majoritairement issus du réseau de yeshivot (écoles talumdiques) Ateret Shlomo, réclamaient la libération d’Ariel Shamaï, un étudiant arrêté la semaine dernière par la police militaire pour insoumission. Sur leurs casquettes, on pouvait lire : « Ramenez-le à la yeshiva maintenant », une référence directe au slogan emblématique « Ramenez-les à la maison » devenu symbole de la lutte pour le retour des otages du Hamas.
Le rabbin Sholom Ber Sorotzkin, chef du réseau Ateret Shlomo, a défendu cette comparaison. « Ils nous accusent d’utiliser les symboles des otages, mais ils ont arraché Ariel à son foyer », a-t-il déclaré. « Les otages sont aussi les nôtres. Nous avons prié et accompli des miracles pour eux. Nous retirer de la Torah, c’est comme priver un malade d’oxygène », a-t-il ajouté.
Parallèlement, la faction orthodoxe de Jérusalem a annoncé l’arrestation d’un autre étudiant à Beersheva pour refus de se présenter à l’armée, accentuant les tensions entre l’État et les milieux religieux opposés à la conscription.



