Iran : l’ex-chef de l’armée de l’air israélienne met en garde contre un accord insuffisant
L’ancien commandant de l’armée de l’air israélienne, le général (réserviste) Amir Eshel, a livré mardi une analyse des options militaires et diplomatiques face à l’Iran, lors d’une intervention à l’université Reichman. Évoquant une éventuelle action contre Téhéran, il a affirmé que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, était « profondément enterré sous terre », rendant toute tentative visant à l’atteindre extrêmement difficile.
Selon Amir Eshel, les États-Unis disposent toutefois de capacités suffisantes pour infliger des dommages majeurs aux infrastructures iraniennes. L’ancien haut gradé s’est dit préoccupé par les signaux faisant état de contacts diplomatiques en vue d’une reprise des négociations. S’il ne rejette pas le principe du dialogue, il estime qu’une puissance cherchant un véritable levier de pression doit d’abord démontrer sa force militaire avant d’envisager des pourparlers.
Il a souligné que l’Iran se trouve aujourd’hui dans une situation économique et sociale extrêmement fragile, ce qui, selon lui, devrait inciter à une stratégie plus ferme. Amir Eshel a également mis en garde contre les pressions internes pesant sur Donald Trump, qui pourraient conduire Washington à privilégier un compromis diplomatique. « Il existe un risque réel de parvenir à un mauvais accord qui laisserait subsister des éléments du programme nucléaire iranien », a-t-il averti, évoquant la lassitude de l’opinion américaine face à de nouveaux conflits armés.
Par ailleurs, l’ancien commandant de l’armée de l’air a vivement critiqué le refus du gouvernement israélien de mettre en place une commission d’enquête nationale sur les événements du 7 octobre. Selon lui, ne pas examiner en profondeur « le drame le plus grave de l’histoire récente d’Israël » revient à créer des risques existentiels pour l’État. « Refuser de tirer les leçons de ce qui s’est produit est tout simplement inconcevable », a-t-il conclu.



